Entre-deux, balle au centre

Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 22:37

Moi je suis encore une gamine. D'ailleurs tout le monde me donne moins que mon âge, on ne me croit pas quand je dis que j'ai déjà vingt ans. Je ne me maquille pas, je refuse de vieillir, et surtout j'ai peur des autres. Je suis comme ces enfants qui savent déjà qu'il y a des choses à ne pas dire et n'osent plus rien dire du tout, qui savent qu'à la fin d'une colonie de vacances, ils ne reverront plus ces gens qu'ils ont cotoyé si longtemps malgré les lettres et le téléphone, et qui pleurent toutes les larmes de leur corps à cette idée. Ceux qui regardent des dessins animés avec des étoiles dans les yeux et rêvent ensuite de princes charmants, de belles aventures où ils sauveraient tout le monde et de lieux enchanteresques. Ceux qui savent qu'ils peuvent tout dire à ceux qu'ils aiment, car ils savent qu'ils seront pardonnés, et qui ne prennent pas la peine de savoir si ces personnes seront blessées par ces paroles. Voilà, la croissance de mon cerveau s'est arrêtée à ce stade. Ca peut avoir son charme bien sûr, un enfant rit facilement, pleure devant les films tristes et se vexe pour un rien quand on l'embête. Mais on le leur pardonne, justement parce que ce sont des enfants. A vingt ans, on doit grandir. Même avant ça en fait. Se contenter de dire pardon ne suffit plus, car les paroles sont bien plus meurtrières que quelques années auparavant. Parce qu'on est censés savoir ce qui fera mal, ce qu'il faut garder pour soi, et qu'on est censés savoir se retenir. Moi depuis toute petite, je garde en moi tout ce qu'il faudrait que je dise, et je laisse sortir tout ce qu'il faudrait que je garde. Sauf qu'avec le temps les remords grandissent, et les excuses ne suffisent plus ni pour moi ni pour ceux qui m'entourent. Je suis toujours face au même mur, face à cette faiblesse que j'ai à tout prix tenté de faire disparaître mais qui semble gravée dans ma chair tel le tatouage infâmant de mon péché originel. Je souhaiterais être comme Tag qui frachit un grillage électrique pour sauver ses amis, comme Harry qui se bat malgré ses souffrances intérieures et extérieures, comme Jim qui part à l'aventure et sauve le bateau de l'explosion, comme Rose qui accepte d'affronter l'étendue gelée pour celui qu'elle aime, comme toutes ces princesses disney qui trouvent leur âme soeur et ont des animaux qui ressemblent tant à des humains, comme Hina protégée par ses cinq camarades et capable de les défendre quand il le faut, comme Tohru qui sait toujours trouver ce qu'il faut dire pour soulager ceux qu'elle aime même s'ils sont parfois infects avec elle... Ou comme tous ces siphonnés que j'admire, que je respecte et que j'aime par-dessus tout, pour toutes ces qualités qu'ils déploient sans s'en rendre compte. Parce que les qualités sont comme les prunes salées, elles sont collées dans notre dos et nous passons notre temps à nous extasier sur celles des autres en nous lamentant de n'être qu'une pauvre petite boulette de riz blanc. Et pourtant il suffit d'en parler pour s'en rendre compte... Nous sommes tous exceptionnels pour quelqu'un, à notre manière. La mienne vient peut-être de cet aspect enfantin que j'ai toujours voulu étouffer, et qui encore aujourd'hui me rebute et me tord les entrailles. Je ne suis pas l'héroïne d'une grande histoire, je suis incapable de dire ce que je me répète sans arrêt dans la tête en imaginant des dialogues, et je resterai sûrement toute ma vie cette petite fille incapable même bourrée de dire aux personnes qui font battre son coeur qu'elle les aime de manière spontanée. Ou de leur dire quoi que ce soit d'important de manière spontanée d'ailleurs...

Pourtant, durant ce mois, j'ai senti que je pouvais être tout à fait normale, me fondre dans le paysage, et être malgré tout appréciée. Oh bien sûr pas en tant que femme magnifique, courageuse ou belle, mais juste en tant qu'humaine capable de faire très bien ce qu'on attend d'elle, de rendre service simplement et de sourire. Ces relations ne sont pas basées sur une amitié, loin de là, car aucune de ces personnes ne souhaite savoir ce qu'il y a tout au fond de mon crâne et je ne tiens absolument pas à le leur dire. C'est une relation plus simple, moins profonde, basée sur le simple quotidien. Bien sûr on peut aller mal pour une raison quelconque, mais on peut aussi aller très bien, rire et plaisanter, et être content de se retrouver le lendemain malgré la pensée du travail. Être heureux d'être là, d'avoir rencontré des personnes agréables, de savoir que de telles personnes existent et qu'à un moment dans l'infinité des vies de ce monde, ces personnes m'ont appréciée en tant qu'humaine, sans chercher plus avant. Peut-être que nous ne nous reverrons plus jamais, sûrement même et c'est un peu triste, mais la pensée qu'il puisse y avoir des personnes qui nous ont souri et remercié pour notre simple existence réchauffe le coeur comme une petite chandelle dans une chambre froide. Mais je ne suis qu'une gamine, parce que ces personnes me manqueront, et que je continuerai de penser à elles lorsqu'elles mêmes m'auront complètement oubliée. Mais contrairement à d'autres personnes de mon passé qui entrent dans cette catégorie, ce souvenir ne sera pas une torture. Ces roses et ces lettres sur un petit papier resteront comme une douce chaleur dans les moments d'hiver sentimentaux. J'aurais aimé les remercier d'avantage, mais impossible de leur expliquer pourquoi ils les méritent alors que dans leur esprit c'est moi qui les ai aidés. Alors je leur ai simplement souri, du plus beau sourire que je pouvais offrir. A présent je vais loger cette partie de ma vie dans un petit coin de ma tête et de mon coeur, et prier pour que de tels moments me soient à nouveau accordés. Je me trouve très exigeante, je devrais m'estimer comblée de cette expérience, mais les enfants sont avides...

Bien sûr c'est très différent des siphos. C'est incomparable, et je trouve ça très intéressant d'ailleurs. Les siphos sont partie intégrante de ma vie, sont ma vie en fait. Là ce n'était que mon travail. Je crois que je suis plus douée pour ce genre de relations que pour le véritable amour. C'est plus simple, car il n'y a pas d'engagement personnel. Au boulot si un client ou un collègue m'en veut, tant pis. Mais si on m'enlevait un de mes siphos, je sens que c'est tout mon être qui se déchirerait. Ca m'effraie, ça doit être pour ça que je continue de le redouter, voire parfois de le guetter. Je suis terrifiée à cette idée. Et puis une relation aussi profonde implique forcément de s'ouvrir, de montrer 99% de nous-mêmes, mais l'ouverture marche dans les deux sens. C'est merveilleux de savoir que ces êtres en savent autant sur moi, plus que ma famille, plus que moi-même parfois, mais c'est également effrayant. Après tout, personne ne sait ce qui se cache dans les profondeurs du "moi". Et il y a toutes ces angoisses que je n'arrive pas à comprendre, mais qui m'empêchent totalement de parler dans les situations de confidences. Oh bien sûr c'est le cas de tout le monde, sauf que l'alcool ou le net délient les langues. Pas dans mon cas. J'ignore pourquoi, j'ai l'impression de me cogner la tête contre tous les murs d'une maison pour sortir une simple phrase, je sens mon coeur qui tambourine comme un dingue, mon estomac qui crie de douleur... Je bégaie, je transpire, j'ai chaud, j'ai froid, les spasmes nerveux agitent mon visage, mes bras, mes jambes, mes mains... Je regarde partout et nulle part, complètement perdue, fixant ces grands yeux ouverts qui attendent ma réponse, espérant y lire un prompteur me dictant ce que je dois dire, essayant de ne perdre personne et avant tout pas moi-même dans mes propres mots... Je me méprise de ne pas y arriver plus simplement. J'ai le sentiment d'appeler à l'aide chaque fois qu'on me demande quelque chose d'un peu trop personnel, mais à l'aide qui? A l'aide quoi? Je l'ignore...

Désolée de la longueur, je me suis un peu laissée aller. Je ne sais pas trop si cet article est triste ou joyeux, tout comme je ne sais pas si je suis heureuse ou pas en cet instant (55% malheureux dit facebook...). Je suis terrifiée de l'avenir, comblée quand je regarde la semaine qui vient de s'écouler et ce dernier jour au travail, heureuse de voir les deux femmes de ma vie demain, triste de ne jamais revoir ces visages taquins, heureux et blagueurs... Et fatiguée de réfléchir égocentriquement à tout ça. Donc on va dire peut-être, comme le dit cette application débile, un tout petit peu plus malheureuse en cet instant. En plus j'ai mal au dos et j'ai des aphtes. Enfin, j'espère ne pas trop angoisser cette semaine... (peine perdue). Un autre article viendra sûrement sur mon stress paralysant de la rentrée. Et sur mes retrouvailles avec Mister H après quatre semaines...

Par Lolou - Publié dans : Entre-deux, balle au centre
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 18:37

Je sens bien un petit article pour me plaindre là... De quoi? De mon inconscient qui m'envoie moultes douleurs pour me rappeler que je devrais être complètement angoissée pour mon oral de Samedi, or comme je ne le suis pas, il a décidé de s'attaquer à tout ce qu'il y a de physiquement fragile en moi : mon cou (un joli torticolis s'annonce...) et mon ventre (des crampes sans nom depuis hier soir). Tout ça pour un oral au Celsa, auquel je ne croyais pas, et pour lequel je ne compte pas m'angoisser outre mesure vu que je suis toujours assurée de ne pas être prise (même si personne ne le sait, je me doute que ça gueulerait de partout si j'émettais l'idée... Je me contente de dire "Merci mais faut encore finir le boulot" quand on me félicite, c'est plus simple). Bref tout ça pour dire que je suis pliée en deux en train de taper mon article, lâchant de temps en temps un "ouuuuuuuuuuuuuh", inspirant et soufflant pour atténuer la douleur qui revient toujours. Youpi. Le torticolis a commencé à se manifester en voiture, tout à l'heure, ce qui est évidemment très pratique pour conduire et regarder dans les rétros. Non pas que j'estime être bonne conductrice en temps normal, mais là c'est vraiment dangereux parfois... (aaaaaaaaïe, douleur du ventre qui se réveille subitement... Manquerait plus que les nausées s'en mêlent, ça serait le gâteau sur le pompon! Expression trouvée par un Sipho dont j'ai oublié l'identité et que je viens de retrouver en ce moment de douleur intense).

 

Et puis d'autres contrariétés s'y ajoutent, des agacements, des envies de partir, de m'éloigner. De mes parents, de cette maison que je trouve de plus en plus petite notamment. De ce père et de cette mère, restés vieux adolescents querelleurs, butés comme des ânes en furie, ruant et se crachant dessus tels les lamas moyens... Ils m'agacent profondément, j'adopte la méthode mutisme mais à force de me taire à chacune de leurs embrouilles j'ai peur de perdre ma voix, comme dit Harry dans le tome 6 de ses aventures. Mais hors de question que je prenne une part quelconque à leurs débats, où qu'ils les mènent.

L'absence de Roulie et Serge continue de me peser, j'essaie de temps à autre de saisir une ou deux nouvelles et de me persuader qu'on se reverra bientôt... Mais les idées noires sont là. Et puis entre l'oral et le boulot à La Poste, je n'ai pas le temps d'organiser moi-même des sorties ou des soirées, je n'ai donc aucune chance de les voir. Selon les jours ça me rend triste ou ça m'énerve, ça me donne envie de courir chez eux et de toquer à leur porte ou de leur dire ce que je pense, même si je sais que je ne le ferai jamais. Je n'aime pas ce genre de situation, et j'ai l'impression que ça dure bien que j'aie essayé de la régler avec Roulie, et que ça va durer encore. Autrement à d'autres moment, je me dis qu'ils ont simplement pris une autre route, plus éloignée de moi, et qu'il devait en être ainsi... Même si ça me rend tout aussi triste. Qu'ils ont d'autres amis dont ils sont plus proches, auxquels ils ont plus à raconter ou qu'ils sont plus heureux de revoir. Qu'après tout, je ne leur manque pas. C'est bien sûr profondément égoïste, mais aussi assez triste. Enfin, c'est la vie, et bien que ce genre de chose m'ait profondément angoissé pendant tout le lycée, ou à cause de cette angoisse en fait, je refuse de me laisser plonger dans la déprime. S'ils ne souhaitent plus me voir c'est qu'ils sont plus heureux sans moi. Je continue de guetter leurs joies, mais peu à peu s'insère en moi le sentiment que je n'en fais plus partie. Mais hors de question que je me laisse détruire par de telles pensées, pas à nouveau. Mes années noires passées, pour autant qu'elles fassent partie du passé, m'auront au moins donné cette force-là, celle du refus de ces cercles vicieux-là. Je suis triste, mais je n'y cherche ni raison ni culpabilité. Nous avons fait ce qui nous semblait juste, et ces choix nous ont écartés les uns des autres. Peut-être est-il encore possible de se rapprocher, je l'ignore, je l'espère, mais disons que si ce n'est pas le cas, je ne compte pas laisser la déprime l'emporter. J'ai pris cette décision il y a quelques mois déjà, peut-être quelques années même, de ne pas me laisser détruire même si je dois pour cela être égoïste. Je suis désolée, je ne suis qu'humaine, et je souhaite vivre, heureuse si possible.

 

J'ai toujours super mal au ventre... C'est assez horrible, et complètement épuisant! Ce qui, en plus, s'ajoute à la bestiole qui a élu domicile dans mon mur et me réveille chaque nuit à des heures plus qu'indécentes. La chance du moment... Mais bon, ça pourrait être pire. Je pense pas mal à l'oral de Vendredi en ce moment, essayant de prévoir des réponses à des questions pièges, mais je prends ça plus comme un jeu que comme un réel enjeu d'avenir. Même si mon père tente par tous les moyens de me faire penser que "s'ils me prennent pas c'est qu'ils me méritaient pas"... Non, s'ils ne me prennent pas, c'est simplement qu'ils cherchaient d'autres personnes que moi ou que je me suis mal vendue, c'est tout. Et c'est loin d'être un drame. Je serai très heureuse d'intégrer le Celsa à la rentrée prochaine, mais Khûber me plairait aussi. Je vais donc faire mon possible et voir ce que ça donne, sans plus. Même si mon corps me fait comprendre, clairement et nettement, qu'il ne compte pas me laisser tranquille même si mes nerfs sont au calme plat... Saleté.

Par Lolou - Publié dans : Entre-deux, balle au centre
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Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 18:02

Je ne pense pas que je vais faire ici le récit de mon séjour en Inde, pour plusieurs raisons. D'abord, ce blog n'a après tout pas en vue de proposer un aperçu complet d'un pays. Navrée, sa portée est tout bonnement égocentrique, égoïste et personnelle. Ensuite, j'ai déjà fait un long récit de ce voyage dans mon petit carnet personnel, même si je pense que je serai la seule à jamais le lire et qu'une nouvelle fois c'est une raison très égocentrique. Et puis enfin, plutôt qu'un récit détaillé des merveilles que j'ai pu voir, je préfère noter ici ce pour quoi ce blog est destiné : mes sentiments et émotions, aussi confus ou mauvais soient-ils. Quoique ce n'est peut-être pas une bonne idée vu que j'ai rendez-vous avec Mister H demain... On verra bien.

 

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Bref, je suis rentrée Mardi d'un séjour de 12 jours en Inde.

J'ai loupé les deux derniers jours de cours (argh) et me suis envolée vers l'Orient chaud, sec et ensoleillé. Mon corps a fait provision de soleil histoire de tenir jusqu'à la fin de l'hiver, ça fait un bien fou (toute bronzée je suis!). De l'autre côté, mes yeux se sont remplis de couleurs, l'or du soleil, le bleu du ciel et de la mer, le vert des palmiers et des cocotiers, les mille couleurs des saris et des poudres colorées et des maisons qui parsèment le pays... Et mes oreilles résonnent encore de ces tambours, de ces chants, de ces voix indiennes. J'ai vraiment beaucoup apprécié, c'est un pays incroyable. Au début je me sentais assez mal, car tous nous observent comme des animaux rares voire dangereux, comme s'ils se méfiaient de cette douzaine de blancs qui passent en regardant partout autours d'eux à travers les fenêtres de leur bus climatisé... J'ai eu une sensation de rejet, et puis mon caractère casanier n'aidait pas. Mais au bout de deux jours, j'ai compris qu'il suffisait d'esquisser un timide sourire pour qu'ils répondent par le visage le plus magnifique qu'ils puissent offrir. Comme si rien ne pouvait leur faire plus plaisir que de nous voir, de me voir leur sourire, leur faire signe, comme si je leur faisais une grâce incroyable, et comme si leur visage n'avait été créé que pour faire apparaître cette merveilleuse parenthèse au niveau de leur bouche. Les enfants sont trop mignons, les femmes en sari sont magnifiques, et tous ont à la fois cette dignité calme et réservée et cette joie que des étrangers viennent à leur rencontre, à la découverte de leur pays, et sourient et rient avec eux. Ce pays donne une sacré dose d'humilité, on sent combien on est malheureux et riche dans notre Occident, et on se sent bien bête en voyant ces gens qui vivent, qui vivent vraiment. Ils n'ont peut-être rien à manger et que la peau sur les os, et malgré tout ils sourient, ils sont heureux de nous laisser prendre des photos, et ils sont beaux. Oui, les gens de ce pays sont beaux. Ils sont beaux par leur peau plus ou moins noire, par leurs yeux plus ou moins foncés, par leurs vêtements toujours si colorés, par leur langue chantante et douce à l'oreille, par ce sourire éclatant qu'ils nous renvoient, sans aucune animosité bien qu'ils nous voient avec tant d'argent et d'appareils électroniques dont ils ne peuvent pour la plupart que rêver, hommes femmes et enfants sont beaux par leur démarche, leur conduite infernale sur des routes minuscules, leurs regards étincelants, et comme toujours leurs merveilleux sourires... Ca et les couleurs, c'est ce qui me restera de ce voyage. En plus de l'état d'esprit.

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Là-bas j'ai réussi à oublier mes angoisses, à accepter la vie telle qu'elle venait, avec les coups durs et les merveilles, à rire comme je n'avais pas ri depuis des mois. Je me suis sentie vivante et heureuse, ça fait du bien. L'état d'esprit Indien consiste à vivre au jour le jour, sans s'énerver (shanti, paix intérieure), sans se presser (on me disait toujours d'y aller doucement, quand je cherchais mon porte-monnaie par exemple ou alors que je me rhabillais après le massage Ayurveda). Ca m'a fait penser à la manière d'être de mes grand-parents maternels, qui bien qu'intérieurement assez nerveux, ont une attitude toujours calme et posée. C'est en grande partie pour ça qu'aller chez eux me fait du bien, comme une cure de calme au milieu de la prépa, des transports à attraper, des devoirs à faire, des multiples rendez-vous et de tout ce qui me donne l'impression de manquer continuellement de temps, y compris pour vivre ou respirer. L'Inde m'a fait le même effet, en-dehors de la présence de mon père. Je l'adore, ce n'est pas la question, simplement il ne sait pas se poser, ne pas être speed, et je crois qu'il ne comprend pas à quel point cette attitude me crispe et m'angoisse. Du coup il y a eu quelques passages difficiles durant le voyage, des moments où j'étouffais par sa présence. J'ai d'ailleurs pu appliquer mon jeu du moment, trouver un seul mot pour qualifier toute la personnalité d'une personne, à mon père : il est envahissant. Par sa taille, sa corpulence (il n'est pas gros, mais pas maigre non plus et débordait notamment du siège du bus, ce qui m'amenait souvent à m'asseoir seule plutôt qu'avec lui...), son attitude collante, le fait qu'il s'incruste dans chaque conversation, qu'il ait toujours un avis sur tout... J'ai vraiment eu, à plusieurs reprises, l'impression d'étouffer complètement. Et je pense, fondamentalement, que c'est une des grandes raisons qui me donnent envie de quitter cette maison et qui font que j'ai énormément de mal pour tout ce qui concerne l'affectif avec mes parents. Cette habitude de venir me coller pour me demander comment je vais toutes les dix minutes lorsque je suis malade, de vouloir me caresser la joue ou l'épaule, de toucher les gens quand il leur parle, de demander de quoi on parle chaque fois que je discute avec quelqu'un même si ça ne le regarde en rien, de regarder ce que j'écris lorsque chaque soir je mets en mots ce que j'ai vécu dans la journée dans mon carnet personnel... Ce voyage m'aura permis de réaliser ça, que mon père m'étouffe, et que ça dure depuis longtemps, comme si mon air se consumait petit à petit, mangé par son feu trop proche de moi. Mais je sais bien que c'est sa nature, et que ça part toujours d'un bon sentiment... Alors je ne peux rien lui dire.

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En tout cas j'ai vraiment adoré ce pays, reste à savoir ce que je pourrai et ne pourrai pas dire à Mister H. Non pas que je veuille lui cacher des choses, mais j'oublie tellement... Pourtant je voudrai tout lui dire, de A à Z, lui extraire l'intégralité de ma cervelle et qu'il me donne les clefs pour la comprendre. Mais j'ai compris depuis un moment que ces codes ne peuvent être trouvés que par moi, au fur et à mesure que je lui parlerai de ce qui me passera par la tête quand je serai allongée sur ce divan dans son cabinet. Je me demande de temps en temps si cette psychanalyse ne devient pas inutile, si je n'ai pas décortiqué tout ce que j'ai en tête... Je me sens mieux depuis que je vais le voir, mais je ne sais pas si cela peut encore s'améliorer ou si les montées d'angoisse font simplement partie de moi et si je dois les accepter. Peut-être suis-je actuellement comme je dois être, angoissée certes et toujours stressée, mais après tout si c'est ma nature peut-être dois-je juste l'accepter. Je ne sais pas comment on peut savoir qu'on arrive à la fin d'une psychanalyse, d'une thérapie. Peut-être Mister H me le dira-t-il lui-même, mais peut-être attend-il que je lui demande. En même temps j'ai du mal à oser poser la question... Je verrai demain, pour l'instant j'ai encore besoin de lui parler, sans savoir cependant si je ne fais pas que dépenser 40 des euros de mes parents, durement gagnés.

Le retour a été dur, le petit Suneje me manque (le fils du guide, il était trop mignon), de même que le reste du pays. Je suis contente d'être tombée sur un bon groupe, avec une autre jeune fille très gentille avec qui je suis devenue amie, avec un guide extraordinaire et avec son fils trop chou, et je suis contente d'avoir choisi l'Inde et pas un autre pays. En rentrant, la grisaille Londonienne nous a accueillis en Europe, et le soleil de Paris n'a pas duré longtemps. Les pulls ont réapparu, de même que les pantalons et... les cours. Eh oui, des concours blancs m'attendent dès Lundi, et je n'ai strictement RIEN foutu depuis mon départ en Inde. Je n'arrive pas à m'y remettre, et bosser là-bas était inutile tant j'étais dans un état d'esprit différent. Mais avec le retour est revenue l'angoisse de l'avenir, le stress des concours et la pensée du boulot. Fini les couleurs, la musique traditionnelle, les saris, le soleil, la mer, le ciel bleu, la végétation luxuriante, l'odeur des épices, les couleurs des fleurs, les maisons fluos, les grands sourires, la joie de vivre... La France semble bien terne.

Et pourtant j'étais heureuse de rentrer et de retrouver mon pays. Malgré les imbécilités de notre gouvernement en ce moment en ce qui concerne les pays africains, malgré la pluie et la grisaille, malgré la mauvaise humeur ambiante, malgré les vêtements noirs ou sombres, malgré les regards hautains ou peu amicaux, malgré la méfiance générale et les hautes tours des immeubles, malgré tous les défauts que je peux y voir et qui me sautent aux yeux comme à ceux de tous les français (étant le peuple le plus raleur, le plus déprimé et le moins fier de son pays au monde), malgré tout ça, je crois que j'aime la France.

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C'est mon pays, ma maison, là où je me sens chez moi, aussi imparfait ce chez-moi soit-il. Bien sûr j'aimerais des français moins pénibles, un autre président, l'égalité hommes-femmes ou encore la fin de la pauvreté et du chômage, mais malgré tout la France reste à mes yeux un beau pays. Et je pense qu'on ne peut réellement s'en apercevoir qu'une fois qu'on a été voir ailleurs, qu'après s'être dit (paradoxallement) qu'un autre pays était merveilleux et ô combien meilleur que la France. Malgré tout, elle reste mon pays, celui pour qui je conserve une certaine tendresse, que je regarde d'un oeil compatissant malgré ses nombreuses bêtises, et pour lequel je souhaite un avenir meilleur. J'espère pouvoir continuer à penser ainsi à l'avenir, malgré les gouvernements, malgré la vision noire qu'on (moi comprise) cherche à me donner de l'avenir, malgré la fin du monde en 2012, malgré le chômage et le prix de l'essence en hausse, malgré les études inutiles, malgré le prix de la vie qui augmente et le réchauffement climatique... Malgré tout je souhaite pouvoir encore penser que cette France imparfaite reste mon pays, celui où je souhaite passer ma vie et auquel je veux apporter ma contribution, aussi minime soit-elle. Au fond, les voyages rendent patriotiques. Mais si ma conscience d'être française s'est réveillée, j'ai tout de même développé une tendresse particulière pour ce grand pays d'Orient, si beau et si pauvre. Et j'y retournerai assurément un jour.

Par Lolou - Publié dans : Entre-deux, balle au centre
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 21:53

Je crois que je suis un peu paumée. Comme toujours, me direz-vous, mais des fois plus que d'autres. Je ne sais toujours pas vers quel avenir je me dirige, mais je m'y dirige. J'ai désormais pleinement conscience d'être hautement narcissique, merci Mister H, d'ailleurs ce blog en est probablement une bonne preuve. Je suis en train de m'ouvrir à quelqu'un que je ne verrais peut-être plus jamais à partir de la fin de l'année, et pourtant ça ne m'angoisse pas. Les Siphos commencent à se lancer dans les soirées alcoolisées, mais j'ai toujours aussi peur d'aller à d'autres soirées que celles-ci. La clope est toujours attrayante même si je dois être l'une des dernières filles de bientôt double-décennie à ne jamais y avoir touché. Je suis en deuxième année de prépa avec un milliard de choses à faire et la main abîmée qui me lance, et pourtant je tape sur ce clavier. Je continue d'aller voir Mister H même si ça me tord l'estomac et que je sais dans quel état je peux en ressortir, le cerveau retourné et l'impression d'avoir passé une quinzaine d'années de ma vie à m'épuiser à être l'inverse total de ce que je suis réellement. Bref je nage dans le brouillard, et pourtant je ne me perds pas tant que ça. Je n'y comprends rien, peut-être ai-je plus confiance en l'avenir que je ne le crois, ou peut-être suis-je en voie de guérison. Ou peut-être autre chose que je préfère ne pas énoncer tant c'est hypothétique. Bref, au fond, ça ne va pas si mal.

L'hiver est là, même s'il reste un peu moins d'un mois avant la date officielle. Les villes se couvrent de leur manteau blanc, et nous de nos diverses couches de tissu pour empêcher l'inévitable et glacial froid de nous habiter. Encore trois semaines et les vacances seront là. Mais "trois semaines" en incluent deux de concours blancs... Je perds de plus en plus confiance en moi, même si ptit boulet est en général là pour me secouer les puces. Les mauvaises notes continuent d'arriver, comme prévu, mais j'ai du mal à me dire que je suis capable de mieux. Peut-être me manque-t-il une motivation essentielle? En tout cas j'aime ce que je fais. C'est casse-tête, j'aimerais qu'on me foute la paix avec les cours les devoirs les fiches les ds, mais c'est vraiment génial d'apprendre ce qu'on aime, de se dire qu'un cours est intéressant, de comprendre ce que ces puits de science que sont nos profs cherchent à nous faire passer. Malheureusement la contrepartie est lourde, et le travail m'appelle... Ecrire me manque. Je n'ai plus le temps, il n'y a qu'à voir la longueur de cet article. En même temps ce n'est pas comme s'il était très intéressant, mais rien que laisser courir mes doigts sur un clavier et entendre le cliquetis des touches qui s'enfoncent me manque. Du coup je me rassasis en faisant mes dm au portable, on se contente de ce qu'on a...

Par Lolou - Publié dans : Entre-deux, balle au centre
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Je suis plusieurs

  • Lolou
  • ~ Perdue et Siphonnée ~
  • Femme
  • 16/05/1991
  • Musique étudiante mangas amis films
  • Je suis une Siphonnée, et fière de l'être. Angoissée souvent, trop bien sûr. Le stress aura ma peau... et ce blog est là pour le ralentir. Tenter. ~ Come what may I will love you until my dying day ~

Mézigue

 
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