Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 20:29

Nous le sommes, et pourtant nous en semblons si loin. "Être appartenant au genre humain, soit ce qui est de la nature de l'homme". Le serpent qui se mord la queue, dans le cas présent le dictionnaire n'est pas d'une grande aide. En un sens il est très philosophique, et en un autre très personnel, d'étudier ce qu'est l'homme, enfin un homme. Dans tous les cas, cela semble d'une telle complexité... Quand commencerons-nous enfin à nous comprendre? Il semble impossible d'être homme sans être haine, tout comme il semble impossible que l'amour ne vienne s'en mêler aussi. Dire oui et penser non, vouloir et ne pas faire, pouvoir sans vouloir, se taire au lieu de parler, rejeter au lieu de serrer dans ses bras. Tout et son contraire, et le contraire de ce que devrait être ce tout aussi. Comment vivre avec tout cela, tout ce que nous sommes et qui semble si difficile à définir, à caractériser? Mais peut-être ne le faut-il pas, peut-être que l'homme ne tire son épingle du jeu que dans cette non-définition de lui-même, dans ce cercle infini qui échoue à aboutir sur des coins quand bien même on irait dans tous les sens possibles. Un cercle immense, certes, sur lequel on peut se perdre, s'isoler, mais un cercle tout de même. Un piège. Souvent cette pensée nous frappe, nous effleure, passe sur nous comme une cascade dont on sèche vite ou s'insinue tel le poison dans nos veines jusqu'à nous pétrifier totalement, nous donner envie de hurler tout en nous cloisonnant hermétiquement la bouche, jusqu'à ce que nos cris nous emplissent, jusqu'à ce qu'ils nous possèdent et que nous ne soyons qu'eux, et qu'ils ne soient que nous. Oui, cette perte peut être très douloureuse, incompréhensible par les plus fins esprits, les plus brillants psychologues, psychanalystes et sociologues de cette planète. Toujours surprenant, l'homme n'en est pas moins amer. Chacun de nous a eu envie de s'en détourner en voyant les mille atrocités dont il a été, dont il est capable, mais personne ne l'a pu vraiment. Car si la haine, la douleur, l'amertume, la colère font partie de nous, tous leurs contraires sont également présents, leur douceur nous imprégnant doucement au fur et à mesure que nous semblons plonger, comme les derniers fils qui nous raccrochent à la vie. S'ils se rompent, nous coulons de différentes manières, mais heureusement la majorité demeure. Plus ou moins cachés, plus ou moins revendiqués, plus ou moins appréciés, mais ils sont là. L'humain est tout et n'est que par l'homme qui le porte et qui voit, qui entend, qui sent, qui touche, qui goûte et qui ressent. Bien souvent, du haut de ma misérable petite vingtaine d'années, j'ai été désespérée par lui. J'ai cherché à changer, à ne plus être ce que je refusais d'être, à cacher ces noirceurs qui entourent les maigres fils de l'espoir. Mais rien n'y fait, et il nous faut apprendre à vivre avec cette trame de fond, avec ces réactions étranges, démesurées, avec ces caractères et ces contradictions qui nous hantent, nous répugnent ou nous ravissent, avec cette envie d'être ailleurs, de n'être plus soi, et cette obligation de le rester malgré tout. Car cette âme qui est là, cette colère, cette jalousie, cette envie, cet orgueil, mais aussi cet amour, cette lumière qui parfois rayonne tant qu'elle aveugle, cette beauté, cet espoir, tout cela nous appartient, à chacun d'entre nous. Et il ne tient qu'à nous d'en faire parler les bons côtés, sans oublier que les mauvais ressurgissent toujours. Peut-être peut-on se servir de cette noirceur, peut-être peut-on l'apprivoiser? Ou n'est-ce que l'espoir d'une pauvre folle qui n'en peut plus de sentir cette part d'elle se déchaîner, blesser, brûler tout ce qui se trouve à sa portée? Peut-être après totu suis-je la seule à penser ainsi. Je ne le saurais jamais. Nous ne le saurons jamais. Car chacun d'entre nous est, et il est unique. Personne ne pourra jamais le remplacer, personne ne sera jamais à une autre place que la sienne actuelle. Je suis. Le futur de ce verbe n'aurait peut-être jamais dû être inventé. Mais après tout, qui peut dire si nous sommes aujourd'hui ce que nous étions hier? De nombreuses thèses ont dû être écrites sur le sujet, autrement plus palpitantes que ces pénibles écrits d'une déprime de soirée. Mais j'ai peur, en m'y plongeant, de ne pas trouver les réponses que j'y cherche et qui ne semblent pas avoir de question précise ou formulable. Les mystères de l'homme sont nombreux et secrets, et peut-être au fond vaut-il mieux ne pas avoir toutes les réponses à notre sujet. Peut-être serions nous déçus, pauvres égocentriques et mégalos que nous sommes. Ou seulement que je suis?

Par Lolou - Publié dans : Blues d'une Fillette
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Mézigue

 
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