Partager l'article ! Angoisse en cage: Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, être une femme liberée tu sais c'est pas si facile... Le robot dans t ...
Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, être une femme liberée tu sais c'est pas si facile...
Le robot dans toute sa splendeur se prosterne à vos pieds. Il est prêt à faire tout ce que vous lui demanderez. Fais du café. Range les dossiers. Fais-moi un annuaire. Va voir untel. Range ta chambre. Jette toi par la fenêtre. Comme je l'ai dit mon entrée au Conseil Général, "je peux tout faire tant qu'on me l'explique". Et le mieux c'est qu'on arrive à me féliciter de ces actes robotiques. Le bonheur. Pour moi c'est plutôt la facilité, un corps qui exécute malgré le cerveau qui hurle sa rage contenue à tout un chacun. Un robot plein de failles et de fêlures. Je ne suis qu'un amas de chair imparfaite, jamais arrivée à maturité, qui brise tout ce qu'elle touche y compris elle-même et qui semble plus que jamais vouée à la solitude. Rien ne peut aller car tout demeure en cours de route. Devant la tâche inachevée et inachevable, la meilleure des solutions semble encore la dernière qui me reste, celle que j'use durant cette majeure partie du temps et qui m'anéantit. La fuite, en avant ou en arrière, au choix. Mais la fuite malgré tout. Ma vie n'est qu'une immense fuite, que je passe mon temps à cacher et à haïr. Mes faiblesses cachées m'angoissent et plus je les refoule et les refuse, plus elles me caractérisent. Et plus elles anéantissent mon entourage. La pire des fuites, définitive par définition, revient de plus en plus dans mon esprit détraqué. Je ne sais plus quoi faire. Je ne sais plus comment m'en sortir. Je ne peux pas en parler, et pourtant j'en parle tellement, silencieusement, que je m'en rends malade. Une fille trop faible dans un monde qui avance et ne pardonne pas. Où trouver de la force pour continuer? Dans ceux que je détruis au fur et à mesure que j'avance? Personne ne peut m'aider car tout le monde finira blessé, moi comprise. Je m'anéantis, je me hais, je me meurs à petit feu. Maux de ventre, insomnies, lunatisme et faux rire sont de retour. Mél n'est pas la méchante de l'histoire, elle n'est que ma partie faible, celle qui est moi en réalité, et que j'ai tenté de cacher toutes ces années, me persuadant que j'étais aussi forte que tous ceux qui m'entouraient. Que de fausseté. Je ne suis qu'une faible, destinée à la casse après m'être traînée dans un coin de ma vie pour y mourir au calme. La fausse n'est pas Mél, la fausse c'est moi qui ai tenté de l'étouffer et qui ai voulu croire que ce n'était qu'une partie de moi, sans jamais le croire totalement. Je ne suis que ça. Cette angoisse, cette peur, cette fuite, cette envie d'aimer tout en détruisant de plus en plus, cette haine de soi, cette haine de cette faiblesse qui la caractérise et qui est sa nature profonde. Comment changer sa nature? C'est impossible, cette expérience qui me bouffe depuis des années le montre bien. Je suis et resterai faible. C'est une réalité, malgré les larmes qui me brûlent les yeux et la nausée qui me monte au ventre. Je suis tellement désolée pour tout le monde, vous tous que j'aime. J'aurai aimé vous aider, vous aimer plus que tout... Mais je suis terrorisée à l'idée de cette faiblesse qui pourrait finir par me tuer, ou par vous anéantir. Je le sens, autours de moi tout se délite. Et la certitude de la solitude est toujours là, quoi que je fasse, toujours rappelée par mon attitude de faible, d'acceptation de l'horreur, de refoulement conscient, de refus des conflits, de fuite en avant. Mais tout finit toujours par nous rattraper. Je le sais, et ne peux empêcher cette haine de revenir à chaque nouvelle fuite, comme l'attitude présente du robot qui me fait me plonger dans le travail, oubliant toute réalité autre, refusant tout contact un tant soit peu profond, telle une fuite en avant désespérée et poussée uniquement par l'envie de vivre, ou plutôt de ne pas mourir. Cela fait des jours que je ne me sens plus, ne me considère plus comme une humaine. Je ne suis qu'une chose qui agit, qui s'investit pour qu'on la complimente, tel le chien moyen qui remue la queue lorsque son maître le félicite. Un petit être fragile qui se brisera si j'en fais trop, qui est au bord du gouffre en équilibre et dont les derniers fils de vie semblent se détendre un à un. Un être fragile n'attirant aucune sympathie, posé là en refusant de penser, en standby en attendant la rentrée tandis que son cerveau s'enfonce dans les méandres noirs d'une réalité sombre et sans fin. J'ai réalisé que j'étais faible, et que quoi que je fasse, j'étais incapable de changer ça et incapable de vivre avec, tout comme tous ceux qui m'entourent. Ma cage d'angoisse se resserre de plus en plus autours de moi, les lames de ses arceaux me lacérant les épaules pour me libérer de mon songe doré et me ramener à la réalité, à l'horreur de ce réel que je fuis depuis si longtemps. Que dois-je faire pour vivre désormais?